La paix n’existe que par la guerre, et la petite ville ainsi que ses habitants allaient bien rapidement en avoir une démonstration. L’attaque fût d’abord discrète, sournoise, vicieuse : certains immigrants s’avéraient être des voleurs, qui profitaient de la nuit pour piller les ressources gagnées par de dures journées de travail. Quelques jours plus tard, le pillage céda la place à la destruction et à la nuisance pure, sans autre motivation que celle de faire gratuitement du mal à une communauté hippie.

La guerre, toujours la guerre...
Comme si cela ne suffisait pas, quelques individus prenaient plaisir à exiber leur anatomie dans le plus simple appareil, tel le jeune enfant qui découvre que des bouts de son corps différent de ceux de sa soeur. Ces spécimens se pavanaient de longues heures, saccageant ce qu’il restait d’honneur dans cette situation désespérante. Aucun habitant du village ne savait se battre, et si beaucoup prirent la fuite, quelques uns périrent, de blessures du corps aussi bien que de l’esprit.

La génitalité et les plaisirs secrets...
Yelb récupérera son baluchon avant qu’il ne soit détruit, et s’enfuit sur une barque avant qu’il ne soit trop tard. Les jours suivant, il survivait simplement, se nourrissant de racines et de fruits sauvages. Il ne s’arrêtait que quelques minutes, la peur au ventre. Parfois, un ours le pistait et il devait faire de grands détours pour l’éviter. D’autres fois, il était témoin de massacres. Des groupes de guerriers parcouraient les forêts aussi bien que les plaines, en quêtes de vagabond ou d’hermite à piller, et tuer. Il ne savait pas quoi faire de son existence, alors il se contentait d’avancer, toujours plus loin.

De l'Homme et de la Bête, lequel mérite de vivre...
La nature était sauvage, dure, implacable, n’offrait aucune pitié. Cependant, cette férocité n’était dictée que par une loi, celle de la survie. Le renard qui tue le lapin ne le fait pas par plaisir, mais pour se nourrir lui et ses petits. Yelb se renforça, afin de mieux connaitre la flore et comprendre les comportements de la faune. Bientôt, il parvint à vivre harmonieusement avec la nature. Il n’avait peur que d’une chose : ses semblables. Il ne pourrait pas vivre paisiblement, même s’il avait apprit à aimer la nature et à la respecter. Chaque nuit, il revivait en rêve les massacres dont il avait été témoin.

De ruines à Cendres...
Des semaines après son départ, Yelb retrouvait le chemin du village dévasté afin de retrouver les criminels. Il était assez fort, aujourd’hui, pour traquer ses prédateurs et les faire passer au statut de proies. A sa grande surprise, de nouveaux migrants s’étaient installés sur les ruines de son ancienne demeure. Une solide palissade protégeait les lieux de vie, et plusieurs habitants semblaient prospérer ici. Après s’être assuré que ceux-là n’étaient pas hostiles, Yelb se présenta et fut accueillit chaleureusement. Le jour de son arrivée, les lieux allaient être rebaptisés. Ce village bâtit sur des ruines se nommerait désormais Cendres.








